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Chlordécone aux Antilles : une bombe à retardement


mardi 8 juin 2021, par Josette PINEAU

Les Semaines du Consom’acteur 2021, sur le thème du « Consommer responsable », ont donné l’occasion à la Maison du Monde de programmer plusieurs rendez-vous avec le public : ateliers jardinage, parcours vélo, projections de films, visite de cressonnière et du Conservatoire national des plantes, café de l’actualité…
Nous n’étions pas très nombreux à la Maison du Monde, ce vendredi 4 juin – contraintes sanitaires obligent – pour la projection d’un film documentaire « C’est ma terre » de Fabrice Bouckat* qui, à travers le regard d’une femme, Irène – née d’une mère vietnamienne et d’un père guadeloupéen, révèle les dégâts humains induits par le chlordécone aux Antilles, tout comme ceux de l’agent Orange au Vietnam, défoliant déversé par les Américains pendant la guerre.
Aux Antilles, l’exploitation de la banane est devenue une monoculture d’exportation sur laquelle on a tout misé. « On ne peut pas cultiver la banane sans chlordécone » entendait-on dire. Alors que ce produit, destiné à éliminer le charançon du bananier, est interdit aux USA dès 1977, on a continué, par mesure dérogatoire, en Guadeloupe et en Martinique, à l’épandre au pied des bananiers entre 1972 et 1993. Dérogation disent certains pour satisfaire au lobby des planteurs, pour « écouler des stocks dont la Métropole ne savait que faire », disent d’autres.
Vingt ans d’épandage ont suffi à contaminer des terres pour des siècles. Persistant, perturbateur endocrinien, cancérigène, le chlordécone est une bombe à retardement dont on commence à recueillir les effets.
Persistant, il est présent non seulement dans les sols, mais aussi charrié dans les eaux de certains captages, les eaux de rivière et de mer. Dans le cadre de plans successifs de prévention du risque sanitaire et de protection des populations, une cartographie des zones sinistrées a été tracée et des recommandations ont été mises au point afin de limiter la consommation de certains produits agricoles issus du maraîchage sur des terres suspectes et de la pêche en récifs. Mais ces plans restent encore insuffisants.
On estime que plus de 80% de la population présente des traces du produit dans le sang. Des cas de leucémie ont été avérés. La Martinique a le plus fort taux de cancers de la prostate de toute la France. De plus en plus d’enfants accusent un ralentissement dans leur développement cognitif.
Si aujourd’hui, on a réduit l’apport en pesticides de plus de 60% en mettant en place de nouvelles pratiques de culture, il faut faire face à la concurrence de pays d’Amérique du Sud qui continuent à utiliser massivement des pesticides.
Au Vietnam, cinquante ans après la fin de la guerre, Irène en visite chez ses cousins a rencontré des enfants handicapés, victimes de l’agent Orange. Dans cinquante ans, qu’en sera-t-il aux Antilles ?

* disponible à la location ou en téléchargement sur https://www.kwafilms.com/



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